COACHING SOLIDAIRE

Issue des métiers du soin, le don de soi est une valeur fondamentale à mes yeux ; cela a régi une grande partie de ma vie professionnelle et déterminé de nombreux choix.

Il me semblait alors évident que mon nouveau métier devait exprimer ces notions de partage, d’écoute, d’accompagnement, d’aide.

C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le coaching qui ne me semblait pas être une rupture, mais plutôt une continuité dans ma pratique professionnelle, qui me permettait d’exprimer à la fois des compétences acquises et des compétences innées, inhérentes à ma personnalité.

Depuis toujours mon engagement personnel pour lutter contre la misère, la famine, l’accès aux soins (création de l’antenne Action Ecole/Band Aid contre la famine en Ethiopie ; participation sur plusieurs années aux collectes de denrées alimentaires pour Les Restaurants du Cœur ; participation à la cohorte Constance menant de grandes études sur la santé en France…) m’ont animée et sous tendu mon action et ma pratique. Ainsi, j’intègre le coaching solidaire à ma démarche professionnelle.

Qu’est-ce que le coaching solidaire ?

Une personne solidaire est une personne ayant conscience d’un devoir moral de soutien et d’assistance morale et/ou matérielle à quelqu’un dans le besoin ; c’est une personne qui met en acte ce soutien.

Le coaching solidaire est donc une forme d’intervention auprès de personnes en situation de handicap ou de difficulté altérant divers domaine de leur participation social, dans l’aspect professionnel, affectif et relationnel.

C’est un engagement au profit de la personne qui peut s’exercer dans le cadre d’une association en complément de l’accompagnement des travailleurs sociaux. On fera alors la distinction entre un accompagnement opérationnel (partie intégrante du travail de l’éducateur par exemple) et le coaching social qui ne consiste pas à faire faire ou faire avec, mais à conduire un processus de questionnement permettant au coaché de trouver lui-même les démarches et actions à entreprendre.

La relation d’aide dans ce type de coaching s’appuie sur la méthode d’intervention du travailleur social qui allie une posture d’écoute bienveillante à une démarche de soutien technique en vue de renforcer l’autonomie et permettre l’acquisition de nouvelles compétences.

Comment bénéficier d’un coaching solidaire ?

Le processus de coaching solidaire est le même processus qu’un processus de coaching classique, à savoir 5 à 10 séances échelonnées sur une période de 2 à 3 mois. Les séances durent de 1 heure à une heure et demie.
Il met en œuvre les mêmes compétences professionnelles du coach ; l’objectif étant toujours l’autonomie de la personne coachée.
La grande spécificité du coaching solidaire concerne les conditions d’accessibilité à la prise en charge : seules les personnes ayant des revenus inférieurs à 800 euros sont éligibles, avec une priorité aux chômeurs, bénéficiaires du RSA ; étudiants et associations. L’un des objectifs du solidaire étant de démocratiser le coaching comme outil de réinsertion et de remobilisation.
Solidaire ne veut pas dire gratuité ! L’engagement financier du coaché est bien évidemment proportionnel à ses revenus mais est un témoin fondamental de sa motivation. Le coût de la séance est en moyenne de 5 euros négociable.

Mes engagements solidaires actuels :

  • Participation bénévole à la Cohorte Constance depuis 2012 (voir l’article ci-joint)
  • Intervention sur prescription de la Maison Départementales des Solidarités de Rouillac auprès de personnes en grandes difficultés sociales (les missions concernent la protection à l’enfance, la réinsertion professionnelle, l’accès à l’autonomie, promotion de la prévention de la santé…)
  • Bénévole dans l’association Force Femme qui s’intéresse à la réinsertion professionnelle des femmes de plus de 45 ans.

Pour en savoir plus :
Lorsque j’ai choisi le sujet de mon mémoire pour la certification Master coach, je me suis tout naturellement orientée vers le coaching solidaire (« Coaching solidaire : du rêve humaniste à la réalité »). J’ai alors fait le constat que la littérature concernant le métier ne s’y était jamais intéressée et qu’il n’était pas si évident de mettre en place un tel processus. La rencontre de mes valeurs avec les limites de mise en place ont résonné en moi comme un challenge, que j’ai choisi de relever et qui me permet aujourd’hui d’être une référence sur le sujet.

Pour la construction de cette page web dédiée au coaching solidaire, je me suis bien évidemment replongée dans mes travaux, et en relisant la conclusion, il m’est apparu comme évident que je devais la partager avec ceux qui s’intéressent à ma vision de cette spécialité et surtout qui s’intéressent à quel professionnel je suis.

Souvent, on me pose la question du pourquoi le grand écart entre le métier d’infirmière en première partie de vie professionnelle et le coaching en entreprise aujourd’hui. La conclusion de ce travail ci-dessous vous expliquera qui je suis et pourquoi j’ai fait ces choix..

Extrait de mon mémoire de certification Master 2 Coach « Coaching solidaire : du rêve humaniste à la réalité »

Il y a trois mois, lorsque j’ai choisi le sujet de mon mémoire, tout me paraissait évident. J’étais encore thérapeute empreinte de certitudes et l’aspect solidaire flattait mon âme d’humaniste, habituée que j’étais depuis de nombreuses années à pratiquer la relation d’aide dans son aspect le plus interventionniste.

Je me vois encore prenant la main d’un patient pour l’aider à se lever, et selon les critères de référence du métier d’infirmière, cette situation rentre tout à fait dans le cadre de la relation d’aide : aider à faire et ne pas faire à la place de.

Mais lors de ma formation en coaching, la définition varie quelque peu. Je n’aide plus à faire. J’aide à savoir faire en interrogeant sur le comment, le quand, le pourquoi, avec qui, où…

Dans les deux cas, nous parlons bien de relation d’aide, mais chacun s’intéressant à un niveau différent d’intervention. Cela ne veut pas dire qu’une définition est meilleure que l’autre, ou qu’une de ces deux prises en charge prime sur l’autre, ce sont juste deux aspects différents d’une même notion et cela veut dire qu’il faut absolument bien définir le cadre dans lequel nous exploitons la relation d’aide.

Cela parait évident sur le papier mais il m’a fallu du temps pour comprendre cette subtilité, et du coup, le travail de ce mémoire prend une plus grande importance à mes yeux aujourd’hui car la confusion est réelle, même pour les initiés, comme moi : l’aide n’est pas la relation d’aide et la relation d’aide implique différents modes d’intervention en fonction du métier.

Lorsque j’ai fait lire mon mémoire à mon superviseur, il m’a renvoyé « et toi, tu te situes où, quel coach seras-tu ? »

Cela me fait instantanément penser à la réflexion d’Anthony Robbins sur le pouvoir de la question lorsqu’il la compare à un « rayon laser de la conscience humaine » car à ce moment-là, j’expérimente sur moi « le pouvoir quasi magique » du questionnement : je suis foudroyée par ce laser qui fixe alors mon attention et concentre mon mental sur le « et moi ».

Je viens de passer des mois à fouiller, décortiquer, disséquer le sujet, mais alors que je parle dans mes travaux de l’importance pour un coach de travailler sur soi, je ne m’étais pas encore posé la question « et moi ».

Je me rends compte alors que tout ce que je dis dans mon mémoire est vrai (non pas que j’en doutais !). Sans en avoir conscience, j’expérimente sur moi les difficultés que je traite dans ce travail, et du coup, les propositions de solution (à savoir supervision et posture juste du coach) me semblent d’autant plus adaptées car je viens de les expérimenter !

Mais alors, et moi dans tout ça ? Qu’est-ce que je pense du coaching solidaire ?

Après des mois de réflexion sur le sujet, il me semble que la notion de solidaire ne peut pas s’associer à la notion de coaching.

La notion de solidaire est empreinte de notion d’aide ; par les représentations sociales et individuelles l’aspect solidaire induit une sorte d’enfermement dans l’idée « tu as un problème » et « tu as besoin d’aide ». Mais si ce postulat de départ n’était pas le bon ? Si le problème n’était pas le client mais la société.

Prenons l’exemple d’un SDF dont l’objectif serait de trouver du travail. Nous travaillons sur sa confiance en lui, sur ses compétences et le processus de coaching s’achève avec un homme sûr de lui et de ses talents. Etant toujours sans domicile ni compte bancaire, trouvera-t-il du travail facilement ? Dans ce cas, le coaching solidaire ne renforce-t-il pas le drame de la vie de cet homme en le confrontant encore d’avantage aux représentations de la société qui l’exclue toujours malgré ses talents ?

La notion de coaching implique un travail personnel (à la fois pour le coach et pour le coaché) basé sur la motivation et l’auto responsabilisation du coaché. Dans la plupart des cas, le coaching solidaire s’apparente à un coaching prescrit et nous avons vu dans la partie réservée aux difficultés liées au contexte, à quel point un contrat triangulaire peut perturber l’efficacité du processus, notamment en termes de motivation et de responsabilisation !

Connaitre ce postulat ne me le rend pas plus acceptable. Pour chaque difficulté identifiée il y a une solution mais connaitre les pièges à éviter ne me les fait pas éviter pour autant. Je veux le meilleur pour mes clients et d’après le code déontologique auquel j’adhère, j’ai une obligation de moyens ; cela signifie que Je dois tout mettre en œuvre pour que mon client accède à son objectif dans les meilleurs délais et dans les meilleures conditions. Mais alors, sachant que ce système solidaire n’est pas le meilleur en termes d’efficacité, pourquoi le maintenir ? Ne puis-je pas mettre en place un « autre chose » dont l’efficacité est avérée tout en restant en accord avec mes valeurs humanistes ?

Je crois que la solution est dans le terme humaniste. Centré sur l’ Homme, dans son identité, dans ses besoins, dans son environnement, dans ses interactions aux autres :n’est-ce pas là les fondements du coaching ? On ne peut pas appliquer de solutions générales aux individus, même si elles sont empreintes de générosité et de bienveillance car cela signifie que l’on enferme l’autre dans des représentations. L’effet obtenu est alors souvent contraire à l’intention de départ.

La solidarité est une très belle notion mais le travail de réflexion de mon mémoire m’amène à penser qu’elle ne s’accorde pas avec le coaching.

Je ne serai donc pas une coache solidaire mais je serai une coache humaniste.

Pour moi, cela signifie que les limites de mon cadre seront définies en fonction de l’individu que j’aurai en face et particulièrement dans les modalités financières. Rendre le coaching accessible c’est aussi le rendre accessible financièrement et évaluer le coût en fonction des ressources de chacun.

Cela signifie aussi se rendre mobile si le client ne l’est pas ; ne pas rester figé sur le cadre de mon lieu de travail.

Pour conclure, j’ai commencé ce travail en étant infirmière coache solidaire, centrée sur l’autre et je le fini coache thérapeute humaniste faisant preuve d’esprit de solidarité !
Lorsque j’ai posé le titre de mon mémoire je n’avais pas fini mon travail de réflexion. Aujourd’hui, c’est le cas et je trouve ce titre parfait : du rêve humaniste à la réalité je suis arrivée à ma réalité humaniste.

PETITE HISTOIRE PERSONNELLE

Il y a quelques années, je décidais de me reconvertir, épuisée physiquement et psychologiquement par 20 ans de pratique infirmière.

Lorsque je vendis ma clientèle en 2015 je pensais tirer définitivement un trait sur le domaine médical; j’avais le sentiment de fermer douloureusement la porte d’un métier tant aimé, qui m’avait tellement apporté mais dans lequel je ne me retrouvais plus, ni dans son évolution et ni dans l’évolution de la politique de santé publique.

Je dis douloureusement car ce fut douloureux!

Je suis née soignante: dés que j’ai commencé à parler, j’ai toujours exprimé le fait que je soignerais.

J’ai grandi soignante: mes centres d’intérêts et loisirs ont toujours été orientés sur les techniques de soins et d’accompagnement.

Je suis devenu soignante: je me suis formée et j’ai exercé. Beaucoup. Longtemps.

Et puis, en 2015, j’ai eu le sentiment que la soignante était morte; que je devais choisir, passer à un autre chose.

Alors j’ai repris les études. Bien évidemment je restais dans mon domaines de prédilection que sont les sciences humaines, mais je laissais aux autres le soin au corps, préférant privilégier la prise en charge psychologique et comportementale.

Je décidais donc de m’intéresser à l’homme en bonne santé, de ne surtout plus m’orienter vers le soin et pour cela je décidais d’intervenir en entreprise, un des plus grand lieu de la souffrance actuelle selon moi. Car oui, la prise en charge de la souffrance, quelle quelle soit, reste une de mes priorités.

Je pensais que mon diplôme d’infirmière serait un frein pour rentrer en entreprise, que mes compétences d’infirmières diminueraient mes compétences en coaching dans l’inconscient collectif; j’ai donc tout fait pour dissimuler cette ancienne vie persuadée que j’étais de l’incompatibilité de ces deux métiers.

Mais thérapeute je suis, thérapeute je resterai!

Comment ne pas me sentir concernée par les difficultés que vivent les hôpitaux aujourd’hui? Comment ne pas être émotionnellement contaminée par la souffrance que vivent les acteurs du soin? Comment ne pas être concernée par les inquiétudes des patients face à cette évolution du système de santé?

Je me suis enfin réconciliée avec ma vie passée. Le coach et l’infirmière ont fusionné pour créer ce nouveau projet qu’est H-Coaching et Hôpital.

Mon vécu de soignante associé à mes nouvelles compétences professionnelles, renforcé par mon externalité politique font que je suis un réel atout pour l’hôpital et ses équipes. C’est pourquoi j’ai créé cette structure spécialisée pour les établissement de soins et les thérapeutes afin de proposer des services adaptés à cette réalité si particulière.

A PROPOS DE GYSLAINE GAUTHIER

Dirigeante H comme Humain, H-coaching et Hôpital
Coach professionnelle certifiée RNCP1
Certifié CP FFP gestion du stress et prévention des risques psychosociaux
Formatrice centre KAIROS LIMOGES et H comme Humain (déclaration d’activité numéro 75160095716)
Infirmière DE (Adéli 166092338)
Conférencière
Présidente du groupe BNI “Business Dream”, Angoulême.
Membre du réseau d’Analyse des Pratiques

Coach certifié ECC

NOS PARTENAIRES :

PORTAIL DES ANALYSES DE PRATIQUES PROFESSIONNELLES
H COMME HUMAIN (accompagnement des entreprises par le coaching et la formation)
ESPACE KAIROS LIMOGES (Centre de développement personnel et professionnel)
GROUPE BNI BUSINESS DREAM ANGOULEME
Ophélie  Ratsimbazafy (Coach professionnelle certifiée/Psychologue clinicienne /Médiatrice familiale)
Des Valeurs & du Sens (Cabinet de coaching)
Olivier Peylet (Consultant informatique, chef de projets, formateur)